Après une dizaine de jours passés, d'abord dans la coloc de mon frère où nous avons bien bu, puis chez des copains où nous avons bien mangé - dans les deux cas, bien rigolé- nous quittons finalement la région grenobloise pour les routes du sud.
Nous retiendrons de Grenoble d'abord une chaleur incroyable, lourde, moite et sans échappatoire. Même les orages n'étaient pas réellement rafraichissants! Une vraie fournaise pour nous autres habitués au petit crachin breton.
Le côté positif est que nous avons pu testé la capacité de notre camion à garder le frais : et l'isolation n'est pas si mauvaise puisque, même garés en plein soleil sans une once d'ombre, nous n'étions jamais réveillés par la chaleur avant 10/11 heures du matin. Même en plein cagnard, l'intérieur du camion ne monte que rarement au dessus de 30/31 degrés. Et quand on arrive à se garer à l'ombre, c'est beaucoup mieux! Naturellement, les panneaux solaires marchent à plein régime : aucun problème de batterie avec un temps pareil!
Malgré cette chaleur accablante, nous avons quand même eu l'occasion d'aller randonner un peu dans les montagnes qui surplombent Grenoble : la Chartreuse au nord, Belledonne à l'est et le Vercors à l'ouest et au sud. C'est absolument magnifique et, en plus, avec l'altitude, il peut y faire relativement frais!
Le mieux pour se rafraichir reste toutefois les lacs entourant Grenoble dont le fameux lac de Paladru, celui-là même qui était l'objet de la thèse d'Agnès Jaoui : "les paysans de l'an 1000 au lac de Paladru" dans le film "on connait la chanson " d'Alain Resnais.
En se balladant dans le sud du Vercors, nous avons fait la connaissance d'un berger qui garde un grand troupeau de près de mille moutons, en transumance. Durant cinq mois, il ne voit pas âme qui vive hormis lors du ravitaillement, par hélico, environ une fois par mois. Il vit dans un petit chalet en bois, à 1700 mètres d'altitude, alimenté uniquement par des panneaux solaires, avec ses deux chiens et sa petite chèvre domestique nommée "Peinture". Eux, et les mille moutons dont il a la charge. Il nous a expliqué que le loup était devenu de plus en plus présent dans les montagnes françaises depuis quelques années. Par conséquent, les bergers, profession il y a peu délaissée, redevenaient absolument nécessaires pour éloigner les loups et soigner les bêtes attaquées. Routier trois ans auparavant, il s'était alors engagé dans cette voie. Une formation d'un an, orientée dans le gardiennage des moutons "à viande" (à l'inverse de l'élevage laitier), le voilà maintenant rodant entre les Alpes et les Pyrennées et bientôt à la tête d'un petit troupeau à lui, visiblement heureux!
On y pense pas, comme ça, à berger mais c'est peut être une voie d'avenir!
A ce stade de nos réflexions, nous repartons maintenant vers l'Italie, sans escale à Marseille comme nous l'avions d'abord envisagé car il y a beaucoup trop de monde sur les routes en cette saison hautement touristique, et sachant que notre camion fait, en moyenne, du 50 km/heure avec une vitesse de pointe à 80 km sur les nationales sans côte!
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